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Art et histoire du Maroc.

 Le Maroc est une des régions ou les matrices de l’invention non écrites parmi les plus fécondes. Encore faut-il déchiffrer ses signes qui ne s’adressent jamais à nous, spectateurs étrangers ou modernes, car il ne s’agit pas de musée ni de folklore, mais d’une activité vivante, trop souvent dédaignée ou falsifiée.

S’agit-il même d’art ? Nous avons, en occident, donné un sens si confus à ce mot qu’il perd son sens. Or, un tapis, une poterie, un bijou, une danse, tout comme un masque africain, ne sont pas d’abord des œuvres d’art : ce sont les fragments d’un immense échange et d’une grande communication. Encore faut-il entendre cette parole oublié…… 

Le Maroc est limité au nord par une mer qui le fait participer à la civilisation méditerranéenne, au sud par un désert qui le maintient en contact étroit avec le reste du continent africain. Les pays du Maghreb, dont il partage la même culture et avec lesquels il a vécu les grandes époques de son histoire, le continuent à l’est, vers les autres pays arabes. L’océan atlantique lui est une ouverture vers l’occident et le reste du monde. Cette situation privilégiée en fait une charnière et une terre ou se rencontre plusieurs courant de civilisations qui ont modelé la personnalité de l’art marocain tout en permettant l’épanouissement de son individualité.

La variété du paysage due à l’extension du pays dans les latitudes subtropicales ; les volumes de son relief ou alterne plaines, plateaux, massifs montagneux, créent des nuances ou des contrastes qui accentuent la diversité. La roche elle-même introduit une infinie variété de coloris exploités dans l’art. Les zones montagneuse du rif et les chaines de l’atlas, entourée de plaines, parcourues par de nombreuses rivières fournissent en abondance des matériaux de base extrêmement varié, largement utilisé dans l’art…….

C’est à partir de l’islamisation du pays que les prémisses de l’art traditionnel se dessinent. C’est depuis cette époque et jusqu'à nos jours que nous verrons se dérouler le processus de formation de ses arts et l’élaboration de leur expression esthétique….. 

Du début de l’islam au Maghreb (VIII éme siècles), jusqu’au milieu du (X éme siècles), l’histoire du Maroc est marquée par les Idrissides, qui ont introduit les premier éléments de l’art arabo-musulman, grâce à l’influence de Kairouan et de l’Espagne omeyyade. La ville s’organise et remplit sa mission de propagatrice de la religion et des nouvelles valeurs culturelles.la compagne lui résiste ; elle n’est pas encore entièrement islamisée……

La seconde étape correspond à l’avènement des Almoravides (XI éme siècles) venus du désert, puis les Almohades (XII-XIII éme siècles) originaire de l’Atlas. Leur empire s’étend à tout le Maghreb et à l’Espagne. Le Maroc connais une évolution complexe tant sur le plan économique, politique qu’artistique. Cette brillante période, qui se poursuit un moment avec les mérinides (XIII-XV éme siècles) est suivie d’un déclin progressif. Pendant ces cinq siècles de l’histoire du Maroc, l’art est à son apogée et acquiert une personnalité authentiquement marocaine…..

La troisième étape que nous proposons dans ce schéma s’étend de l’avènement des chérifs Saadiens (XVI éme siécles) et Alaouites (XVII éme siécles), jusqu’à la fin du (XIX éme siécles). Au cours de cette période, alors que les autre pays maghrébins ont perdu leur indépendance, le Maroc à su garder son autonomie. L’art à connus un moment de gloire avec les Saadiens, mais c’est avec le fastueux roi Alaouite Moulay Ismail, que l’art à retrouvé au (XVIII éme siécles) son originalité et un éclat nouveau…..

La quatrième étape s’étend du début (XX éme siécles) à l’indépendance du Maroc en 1956. Elle est marquée par de nouveaux rapports des relations ville-campagne. La dépendance des pouvoirs locaux vis-à-vis de l’étranger est accentuée, l’urbanisation du monde rurale la refonte des structure sociales, la remise en question d’une culture dépersonnalisée par plusieurs décades de dépendance, l’ambiguité sur le plan artistique et enfin une situation qui a été qualifiée de dualiste.

Cette évocation, quoique schématique, du processus historique des relations ville-compagne a pour conséquence, dans sa globalité, différencier l’expression esthétique des arts traditionnels marocains en art citadin et art rural……